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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 22:20

J'espère ne pas trop perturber ta journée en publiant cette réflexion de fond sur l'évolution en cours dans les sociétés civiles en crise.
Un ami ai réalisé une synthèse, inspirée d'un livre impressionnant, très documenté, de Pablo Servigné et Raphaël Stevens aux éditions du Seuil.
Il a résumé pour nous l'essentiel des données, et je pense que ce livre est à mettre d'urgence dans toutes les mains.

Je souhaite bonne lecture de cette synthèse, ci-dessous, en préparant l'indispensable résilience et la grande métamorphose...

Crises, catastrophes, effondrement, déclin… l’apocalypse se lit en filigrane dans les nouvelles quotidiennes du monde.

Alors que certaines catastrophes sont bien réelles et nourrissent le besoin d’actualité des journaux – accidents d’avion, ouragans, inondations, tremblements de terre, déclin des abeilles, chocs boursiers, guerres et famines, est-il pour autant justifié de prédire que notre société « va droit dans le mur », d’annoncer une « crise planétaire globale » ou de constater une « sixième extinction massive des espèces » ?

Il est devenu paradoxal de subir ce déferlement médiatique de catastrophe, mais de ne pas pouvoir parler explicitement de « Grandes catastrophes », sans passer pour un « catastrophiste » !

Tout le monde, par exemple, a su que le GIEC (Groupe International d’Études sur le Climat » avait publié un nouveau Rapport en 2014, mais a-t-on vu un réel débat sur ces nouveaux scénarios climatiques et sur leur implication terrible dans le changement des conditions de vie sur Terre… ?

Vous avez dit EFFONDREMENT !

Il ne s’agit pas de la fin du monde, ni de l’apocalypse. Il ne s’agit pas non plus d’une simple crise dont on sort indemne, ni d’une catastrophe ponctuelle que l’on oublie en quelques mois comme un tsunami, ou une attaque terroriste…

Un effondrement est un processus à l’issue duquel les besoins vitaux comme : l’eau, l’alimentation, le logement, l’habillement, l’énergie… ne sont plus accessibles à la majorité de la population. Il s’agit donc bien d’un processus à grande échelle irréversible comme « la fin du monde », sauf que ce n’est pas la fin ! Mais la suite s’annonce longue et il faudra la vivre avec une certitude : nous n’avons pas les moyens de savoir de quoi elle sera faite. Par contre si nos besoins de base sont touchés, alors la situation pourrait devenir incommensurablement catastrophique.

Mais jusqu’où ? qui est concerné ? les pays les plus pauvres ? la France ? l’Europe ? l’ensemble des pays riches ? le monde industrialisé ? la civilisation occidentale ? l’ensemble de l’humanité ? ou même comme certains scientifiques l’annoncent, la grande majorité des espèces vivantes ? Il n’y a pas de réponses claires à ces questions, mais une chose est certaine, aucune de ces possibilités n’est à exclure.

Les crises que nous subissons touchent toutes les catégories : par exemple la fin du pétrole concerne l’ensemble du monde industrialisé (mais pas les petites sociétés paysannes traditionnelles, oubliées de la mondialisation) , les changements climatiques en revanche menacent l’ensemble des humains ainsi que la majorité des espèces vivantes.

Les publications scientifiques qui envisagent des évolutions catastrophiques et une probabilité croissante d’effondrement se font de plus en plus nombreuses et étayées.

Les comptes - rendus de l’Académie des Sciences de Grande-Bretagne ont publié récemment un article de Paul et Anne Ehrlich qui laisse peu de doute sur l’issue de la situation. Les conséquences des changements environnementaux planétaires que l’on estimait plausibles pour la deuxième moitié du XXIème siècle se manifestent aujourd’hui avec une accélération des chiffres de plus en plus précis et accablants :

Le climat s’emballe, la biodiversité s’effondre, la pollution s’étend partout et devient persistante, l’économie risque un arrêt cardiaque à chaque instant, les tensions sociales et géopolitiques se multiplient partout…

Il n’est pas rare de voir quelques décideurs éclairés, au plus haut niveau, ou des rapports officiels de grandes institutions : NASA, Banque Mondiale, Armée, GIEC, Banques d’affaires, ONU, ONG, etc … évoquer la probabilité d’un effondrement (collapsus) ou de ce que le Prince Charles appelle « un suicide collectif à grande échelle » .

Plus largement, l’anthropocène est le nom donné à cette nouvelle ère géologique qui caractérise notre présent récent, (2 siècles d’effervescence industrielle appelés progrès) Nous les humains, sommes sortis de l’Holocène, une époque de remarquable stabilité climatique qui a duré environs 12.000 ans et qui a permis l’émergence de l’agriculture et des civilisations. Depuis quelques décennies les humains sont devenus capables de bouleverser les grands cycles biogéochimiques de l’écosystème terrestre, créant ainsi une nouvelle époque de changements profonds et imprévisibles…

Mais forte de ses performances et de ses conquêtes récentes l’espèce humaine veut se croire invincible et invulnérable aux bouleversements qu’elle a elle même suscité.

Et dans une arrogance digne d’un colosse aux pieds d’argile, elle oublie que son existence et sa pérennité dépendent des 3 cm de terre fertile qu’on appelle l’humus et d’où provient toute la substance nourricière dont elle a besoin.

N.B. les tenants du système productiviste qui n’hésitent pas à qualifier d’utopistes les adversaires de leur « sacrée croissance » ne se rendent pas compte de leurs schizophrénie, lorsqu’ils affirment que tous les problèmes créés seront résolus par la science et les progrès futurs…c’est tirer un chèque en blanc dont leurs enfants subiront

plus tard les conséquences dramatiques…

Que nous apprennent les civilisations passées ?

Toutes les civilisations qui nous ont précédé, aussi puissantes soient-elles, ont subi des déclins et des effondrements. Aucune n’a pu résister à l’épreuve du temps et à l’usure de l’histoire.

Les causes des effondrements sont habituellement regroupés en deux catégories. Les causes endogènes générées par la société elle-même : instabilité d’ordre économique, politique ou social ; et les causes exogènes, c’est-à-dire liées à des catastrophes externes, comme un changement climatique trop abrupt, un tremblement de terre, un tsunami, une invasion étrangère, etc .

Jared Diamond a identifié cinq facteurs d’effondrement - récurrents et souvent synergiques – des sociétés qu’il a étudiées : les dégradations environnementales ou déplétions des ressources, les changements climatiques, les guerres, la perte soudaine de partenaires commerciaux, et les mauvaises réactions de la sociétés aux problèmes environnementaux.

Pour lui les conditions écologiques seraient le principal facteur qui expliquerait l’effondrement des grandes cités Mayas à l’aube du IXè siècle, des Vikings au XIè siècle ou de l’île de Pâques au XVIIIè siècle.

Mais on aurait tort de réduire ces causes écologiques à de simples facteurs externes, puisqu’il précise (et il n’est pas le seul) que le seul facteur commun à tous les effondrements est bien le cinquième, celui d’ordre socio-politique : les dysfonctionnements institutionnels, les aveuglements idéologiques, le niveau des inégalités, et surtout l’incapacité de la société – et particulièrement des élites – à réagir de manière appropriée – aux événements catastrophiques.

Dans la fin de son livre, Jared Diamond s’interroge sur les raisons qui poussent les sociétés à prendre les mauvaises décisions. Il explique donc que les groupes humains subissent des catastrophes, parce qu’ils n’arrivent pas à les anticiper, parce qu’ils n’en perçoivent pas les causes, parce qu’ils échouent dans leurs tentatives de les résoudre, parce qu’il n’y a pas de solutions adaptées dans l’état de leurs connaissances.

En fait ce fameux cinquième facteur accentue la vulnérabilité d’une société et son manque de résilience au point de la rendre sensible aux perturbations qu’elle encaisse habituellement sans problème –

En fait les grandes civilisations sont prises dans un piège entropique dont il est presque impossible d’échapper. Alors que les quantités disponibles de ressources et d’énergie ne permettent plus de maintenir les niveaux de complexité atteinte par un développement fulgurant et sans limite, la civilisation commence à se consumer en empruntant au futur et en se nourrissant du passé, préparant ainsi la voie à une implosion. S’ensuit une grande période de « simplification » de la société comme ce fut le cas en Europe après l’effondrement de l’Empire Romain, durant tout le Moyen-Age :

« moins de spécialisation économique et professionnelle, moins de contrôle centralisé, moins de flux d’information entre les individus et entre les groupes, et moins de commerce et de spécialisation entre les territoires ».

Des historiens Russes et Américains ont généralisé ce phénomène en modélisant l’histoire récente comme une succession de surplus et de déficits économiques et énergétiques, c’est-à-dire en cycles d’essors et de déclins, structurellement semblables, qui peuvent faire croire à une « reprise » comme celles qui émaillent notre crise économique depuis 30 ans, alors qu’il ne s’agit que de quelques hoquets de l’histoire qui ne modifient en rien la courbe de l’effondrement en cours… Non ! la croissance que nous avons connu ne reviendra pas ! car les conditions matérielles, spirituelles, politiques, philosophiques, psychologiques qui l’ont engendrée, n’existent plus !

Quelles leçons peut-on d’ores et déjà tirer de ces expériences pour comprendre la situation aujourd’hui ?

Notons d’abord que le monde présente des signes alarmants au moins pour trois des cinq facteurs identifiés par Diamond :

Dégradations environnementales, changements climatiques, et surtout dysfonctionnements socio-politiques (verrouillage socio-technique, aveuglement des élites, niveaux ahurissants d’inégalités, etc.)

La civilisation thermo-industrielle, quant à elle, qui ne concerne qu’une partie de la population du globe, présente en plus, les signes caractéristiques d’un effondrement par une complexité croissante, très énergivore, couplée à des rendements devenus décroissants…

Comment s’enfonce-t-on ?

La réponse est claire : certainement pas de manière homogène, ni dans le temps ni dans l’espace, en voici quelques modèles :

L’ingénieur russo-américain, Dmitry Orlov, s’est rendu célèbre en étudiant l’effondrement de l’Union soviétique et en le comparant à l’effondrement – imminent, inévitable selon lui – des Etats-Unis. Il a récemment proposé un cadre théorique dans lequel les effondrements peuvent être décomposés en cinq stades, par ordre de gravité croissant : financier, économique, politique, social, culturel.

1 – l’effondrement financier se produit lorsque l’espoir du « business as usual » est perdu. Le risque ne peut plus être évalué et les avoirs financiers ne peuvent plus être garantis.

Les institutions financières deviennent insolvables. L’épargne est annihilée et l’accès au capital est perdu. Adieu donc Livret A, crédit, investissements, assurances et fonds de pension ! comme cela s’est produit en Argentine en 2001. La confiance, ainsi que la valeur de la monnaie s’évanouissent rapidement. Les banques restent fermées jusqu’à nouvel ordre et le gouvernement met en place des mesures d’urgence (nationalisations, assouplissements monétaires, assistance sociale etc.) pour tenter d’éviter les émeutes.

Dans ce cas, suggère Orlov, mieux vaut apprendre à vivre avec peu ou pas d’argent…

2 – Un effondrement économique est déclenché lorsque l’espoir « que le Marché y pourvoira » est perdu. Les marchandises s’entassent. Les chaînes d’approvisionnement sont rompues. Les pénuries de biens essentiels deviennent la norme…

Les quantités et la diversité des échanges commerciaux et des informations diminuent drastiquement. L’économie se « décomplexifie » progressivement. Comme cela s’est passé à Cuba dans les années 1990, les importations chutent, et les centres commerciaux finissent par fermer, faute de marchandises. Il n’y a plus d’abondance matérielle et « l’économie informelle » explose : troc, réparation en tout genre, recyclage, brocante, etc. Pour maîtriser le cours des évènements le gouvernement tente de réguler les marchés en imposant un contrôle des prix ou des politiques de rationnement.

Dans ce cas , mieux vaut savoir subvenir aux besoins de base de sa famille et de sa communauté, avec ses propres moyens…

3 – Un effondrement politique se produit lorsque l’espoir que « le gouvernement s’occupera de vous » est perdu. Les mesures du gouvernement ont échoué. La classe politique perd sa légitimité et sa pertinence. C’est le processus de « déstructuration ».

Invoquant le maintien de l’ordre, les gouvernements décrètent les couvre-feux et les lois martiales. Comme dans le cas de l’ex-URSS, la corruption locale finit par remplacer les services autrefois garantis par l’administration. Les services publics ne sont plus assurés, les routes ne sont plus entretenues, les ordures ne sont plus, ou mal évacuées, etc. Selon Orlov, pour les Etats-Unis et pour la majorité des pays riches, ces trois premiers stades sont désormais inévitables.

4 – Un effondrement social se produit lorsque « l’espoir que vos pairs s’occuperont de vous » est perdu. Les institutions sociales, locales, que ce soit les organisations caritatives ou d’autres groupes (comme les restos du cœur) qui se précipitent pour combler le vide des institutions, tombent à court de ressources ou échouent à cause de conflits internes. On entre donc dans un monde de bandes « claniques », de guerres civiles et de « chacun pour soi ».

A ce stade un processus de « dépeuplement » se met en place : conflit, déplacement, malnutrition, famines, épidémies, etc. Mieux vaut donc faire partie d’une des petites communautés encore soudées, dans lesquelles la confiance et l’entraide sont des valeurs cardinales.

5 – Un effondrement culturel se produit lorsque « la foi dans la bonté de l’humanité » est perdue. Les gens perdent leurs capacités de gentillesse, de générosité, de considération, d’affection, d’honnêteté, d’hospitalité, de compassion, de charité…

Dans ce contexte il devient de plus en plus difficile de s’identifier à l’autre et, en perdant cette capacité d’empathie, on perd ce qu’on appelle habituellement « notre humanité »…

Malheureusement, les sciences humaines et sociales ont très peu étudié ces situations exceptionnelles.

Plus récemment, Orlov a proposé d’ajouter un sixième et dernier stade à ce modèle, celui de l’effondrement écologique où l’espoir est perdu de redémarrer une société dans un environnement épuisé… C’est globalement ce que nous allons connaître dans de nombreuses contrées de la Terre ou la frénésie d’une existence artificielle (hors-sol) a prévalu ces dernières décennies.

En conclusion de cette analyse, je partage l’alerte qui est donnée :

LA FAIM N’EST QUE LE DÉBUT, (entendez le début de la fin du système en place…)

« Une surpopulation mondiale, une surconsommation par les classes aisées, un gaspillage généralisé des ressources et de mauvais choix technologiques pour satisfaire les puissances économiques en place (Bayer, Monsanto, BASF, l’industrie pétrolière, l’industrie nucléaire, pour ne citer que quelques-uns des dinosaures qui imposent leurs choix et leur dérives aux gouvernements de la Terre, ont mis notre civilisation militaro-industrielle sur une trajectoire d’effondrement.

Des chocs systémiques majeurs et irréversibles peuvent très bien avoir lieu demain, et l’échéance d’un effondrement de grande ampleur apparaît bien plus proche qu’on ne l’imagine habituellement, quand on parle de 2050 – 2100.

Ce sont plutôt les prévisions du Club de Rome, en 1970, qui annonçaient déjà la situation dans laquelle nous sommes ! en pronostiquant la fin de la civilisation vers 2020 – 2030… C’est demain matin !

Personne ne peut connaître le calendrier exact des enchaînements qui transformeront aux yeux des futurs archéologues un ensemble de catastrophes en effondrement, mais il est plausible que cet enchaînement soit vécu par les générations présentes.

Telle est l’intuition que nous partageons avec bon nombre d’observateurs, qu’ils soient experts scientifiques, philosophes ou activistes écologistes.

Il est gênant de le dire, tant la posture est souvent ridiculisée, c’est que nous sommes devenus catastrophistes.

Soyons clairs, cela ne signifie nullement que nous souhaitons les catastrophes, ni que nous renonçons à nous battre pour en atténuer les effets, ou encore que nous sombrons dans un pessimisme stérile et irrévocable. Au contraire ! Même si l’avenir est sombre, « nous devons nous battre car il n’y a aucune raison de nous soumettre passivement aux faits »

« Être catastrophiste », pour nous, c’est simplement éviter une posture de déni et prendre acte des catastrophes qui sont en train d’avoir lieu. Il faut apprendre à les voir, accepter leur existence, et faire le deuil de tout ce dont les événements vont nous priver.

C’est selon nous une attitude de courage, de conscience et de calme, les yeux grands ouverts, qui permettra de tracer des chemins d’avenir réalistes et efficaces. Ce n’est pas du pessimisme !

La certitude est que nous ne retrouverons plus jamais la situation normale que nous avons connue au cours des décennies précédentes.

Premièrement le moteur de la civilisation thermo-industrielle, le couple énergie-finance est au bord de l’extinction. Des limites sont atteintes. L’ère des énergies fossiles, abondantes, à bon marché touche à sa fin comme le montre la ruée vers les énergies nouvelles malgré leurs coûts prohibitifs. Cela enterre définitivement toute possibilité de retrouver un jour la croissance économique et donc, signe l’arrêt de mort d’un système basé sur des dettes… qui ne seront tout simplement jamais remboursées.

Deuxièmement, l’expansion matérielle exponentielle de notre modèle de civilisation a perturbé irrémédiablement les systèmes complexes naturels sur lesquels elle reposait.

Des frontières ont été franchies. Le réchauffement climatique et l’extinction des espèces à eux seuls annoncent des ruptures imminentes des systèmes alimentaires, sociaux, commerciaux ou de santé. C’est-à-dire concrètement des déplacements massifs de populations, des conflits armés, des épidémies et des famines…

Dans ce monde devenu imprévisible où des événements de forte intensité seront la norme, il faut s’attendre à ce que les solutions que l’on tentera d’appliquer perturbent encore davantage les grands équilibres précaires.

Et troisièmement, les systèmes toujours plus complexes qui fournissent l’alimentation, l’eau, l’énergie, et qui permettent à la politique, à la finance et à la sphère virtuelle de fonctionner, exigent des apports croissants d’énergie.

Ces infrastructures sont devenues tellement interdépendantes, vulnérables et souvent vétustes, que de petites ruptures de flux ou d’approvisionnement peuvent mettre en danger la stabilité du système global en provoquant des effets en cascade disproportionnés.

Ces trois états : (approche des limites, dépassements des frontières et complexité croissante) sont irréversibles et, combinés, ils ne peuvent déboucher que sur une issue fatale.

Il y a eu par le passé de nombreux effondrements de civilisations qui restaient confinés à certaine régions, (ce sont les déserts que nous voyons sur la planète, sans comprendre leurs origines…) Aujourd’hui la mondialisation a créé des risques systémiques globaux, et c’est la première fois que la possibilité d’un effondrement à très grande échelle, presque globale, est devenue envisageable.

Penser que tous les problèmes seront résolus par le retour à la croissance économique est une grave erreur stratégique. A la fois cela pré-suppose qu’un retour à la croissance est possible, mais surtout, aussi longtemps que les dirigeants se concentreront sur cet objectif chimérique, aucune politique sérieuse de préservation de la planète et de stabilité du climat ne pourra avoir lieu.

Tous les débats actuels entre relance et austérité ne sont que des distractions blâmables qui détournent les questions de fond et aggravent les échéances.

En fait il n’y a même pas de solution à notre situation inextricable.

Il y a juste des chemins à emprunter pour s’adapter à notre nouvelle réalité.

Se rendre compte de tout cela c’est entamer un renversement salutaire.

C’est voir que, soudainement, l’utopie a changé de camp :

  • Est aujourd’hui utopiste, celui qui croit que tout peut continuer comme avant.

  • Le réalisme au contraire, consiste à mettre toute l’énergie qui nous reste dans une transition rapide et radicale.

Philippe Desbrosses. - Cormeray, 1er mai 2015.

Synthèse des réflexions pour un catastrophisme éclairé, effectuée à partir de notes personnelles mais surtout de l’excellent livre de Pablo Servigné et Raphaël Stevens :

COMMENT TOUT PEUT S’EFFONDRER éditions Seuil. A lire d’urgence !

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