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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 13:01

Championnes toute catégorie des économies d’énergie, les maisons passives commencent enfin à « pousser » un peu partout chez nous, en intégrant les acquis des expériences importantes développées en Allemagne et en Autriche. Ces maisons sans cheminée - car il n’y a plus besoin de chaudière ou de poêle, semblent, cependant, pour beaucoup d’entre nous, un rêve. « Beaucoup trop cher » et « Pas de personnel qualifié pour les faire » sont les 2 arguments le plus souvent avancés.

L’expérience d’André, un Ami de la Terre de Floreffe, prouve le contraire. Son témoignage repris ci-dessous, démontre que les maisons passives ce n’est pas seulement moins consommer ... c’est aussi une magnifique opportunité de s’impliquer via l’auto-construction, d’introduire une dimension sociale au projet et enfin de se soucier de la santé de la Terre et des habitants de la maison. Que cela puisse nous inspirer.

Quatre préoccupations ont traversé toute l’élaboration de mon projet et sa mise en œuvre.

1. Consommer moins d’énergie.

La maison passive, c’est la maison qu’on chauffe "avec une bougie" puisque, par - 10 °C à l’extérieur, il suffit d’une puissance de 10 W par m 2 d’habitation pour entretenir une température intérieure d’environ 20°C. Les 2 moyens pour y parvenir sont une isolation performante - avec une couche d’isolant de 30 à 40 cm d’épaisseur partout - et le contrôle de la ventilation avec reprise d’environ 90 % des calories emportées par l’air vicié au moment de son rejet vers l’extérieur, grâce à un échangeur air-air.

Chez nous, pour 190 m2 de locaux habités, 2000 W devraient suffire au plus rude de l’hiver.

D’où cette chaleur peut-elle venir ?

Tout appareil électrique produit, en plus du service rendu de la chaleur : des lampes fluo de quelques W, une plaque de cuisson de 1200 W, une TV de 110 W, le moteur du frigo, l’ordinateur, le chargeur d’accus, la lessiveuse, etc. Chaque personne présente dans la maison produit aussi, de par son métabolisme et son activité physique, environ 100 W.

Enfin, le soleil qui offre 400 W par m2 de vitrage bien orienté.

Remarquons que les plus petits poêles à brûler gaz, mazout, charbon ou bois disponibles sur le marché ne seront pas admis dans cette maison avec leur puissance de 7000 ou 8000 W.

La maison passive consomme ainsi 7 fois moins d’énergie qu’une maison équivalente n’utilisant que 5 cm d’épaisseur d’isolant dans ses murs...

Pour renforcer encore l’économie d’énergie, nous y avons ajouté un puits canadien (44 m de circuit parcouru par l’air qui entrera dans le logement, à une profondeur moyenne de 2 m sous le sol, là où la température oscille lentement entre 8°C à 17°C au fil des saisons. L’apport géothermique génère, annuellement, un gain de 1600 kW.h en chauffage hivernal et de 400 kW.h de rafraîchissement estival.

Examinons également le poste souvent oublié de l’énergie grise - celle qui a été consommée pour générer la production d’un bien ou d’un service.

Pour produire les 100 tonnes de béton, blocs, briques, ourdis, mortier, nécessaires à une construction conventionnelle... il faut disposer d’une énergie équivalente à « toute la production électrique d’une grosse éolienne de 1000 ménages » pendant 140 h. Les matériaux de notre maison n’ont consommé que la production de 8 heures : presque 20 fois moins qu’une maison classique !

 

Vue globale de la structure en bois
Vue globale de la structure en bois

 

En effet, elle est constituée de 24 tonnes de bois d’œuvre ayant été prélevés sur 115 mélèzes plantés en 1946 par mon grand-père à Bastogne et abattus par mon beau-frère le 29 décembre 2005. Les grumes ont été acheminées vers la petite scierie locale de Floreffe, à 4 km du chantier, pour le débitage en poutres, planches et lattes. S’ajoute 6000 kg d’isolant « floc » (90 % de papier recyclé), 4000 kg d’isolant en fibre de bois, et enfin 6000 kg de panneaux en bois « OSB ». Au total une maison de 40 tonnes dont les matériaux constitutifs requièrent très peu d’énergie grise.

Pour améliorer le confort, les cloisons intérieures sont remplies d’un mélange de « terre et de plaquettes de bois » afin de créer un réservoir de chaleur et d’humidité qui atténuera les brusques montées ou chutes passagères. Au total, 6 tonnes d’argile provenant des fondations de la maison.

 

Vue en détail
Vue en détail

 

2. S’investir personnellement via une part d’auto-construction

Avec l’architecte et tous les corps de métier, dans la réflexion et le travail.

J’ai pris une année de congé sans solde pour participer à tous les postes - tantôt seul, tantôt avec 1 ou 2 professionnels - résidant à moins de 40 km du chantier. L’auto-construction que je pratique demande beaucoup d’étude, de recherche pour des techniques et des matériaux encore trop peu répandus ... ou passés de mode et oubliés. Par contre, le plaisir de comprendre, le dynamisme des partages et rencontres, la prise de conscience de l’histoire de sa propre habitation, la certitude d’avoir cumulé les bons choix et la satisfaction d’économiser de l’argent s’inscrivent en positif.

3. Partager mon habitat

Il y a de moins en moins de terrains bâtissables disponibles...

Nous avions la chance de posséder une bande large de 31 m à rue, légèrement en pente vers le sud, ouvert sur un horizon verdoyant et à moins de 3 km d’un centre commercial et administratif d’une commune de 5000 habitants.

Pourquoi ne pas partager cette chance... ?

L’architecte nous a conçu un projet de 3 maisons mitoyennes. Celle du centre, décrite dans cet article, se divise en 2 appartements : 2 à 3 personnes au rez-de-chaussée sur 75 m 2 et 3 à 4 personnes à l’étage et sous la toiture sur 110 m2. Avec caves privées et communes, avec jardins privés et verger commun.

4. Protéger l’environnement et la santé des habitants

Avec l’utilisation de l’eau de pluie, si douce et si facile à potabiliser, qui peut couvrir tous les besoins domestiques si le gaspillage est réduit.

Avec des toilettes sèches, TLB, qui via le compostage permettent de supprimer les eaux noires si difficiles à épurer tout en générant un compost de qualité, essentiel pour le terrain.

Avec les rejets d’eau grise qui ne se feront qu’après un séjour d’au moins 3 semaines en cuve de fermentation adaptée pour obtenir directement une eau de qualité valorisable pour le jardin.

Enfin, aucune substance chimique toxique ou nuisible (solvants, matières synthétiques, etc.) n’entre dans la construction afin d’éviter les problèmes de santé de plus en plus fréquents : allergie, asthme, etc.

-  André
Ami de la Terre de Floreffe

 

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commentaires

Dilettante 01/01/2008 09:02

Très intéressant cet article. Je pense qu'il me sera utile car je milite pour la construction dans le cadre de mon travail, d'un bâtiment passif. Je l'ai trouvé grâce à la pile freemen où tes articles sont désormais agrégés.
Bonne année 2008 !