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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 13:51

Le défi de ce mois est lié à notre alimentation : changer nos habitudes afin de manger de manière respectueuse de l’environnement.

Je souhaite vous faire part de mon expérience de jeune "amapienne". C’est grâce à l’Amap des Oliviers de Villeneuve-Tolosane que je mange des fruits et bientôt des légumes bios produits localement par des paysans que j’ai le privilège d’apprendre à connaître progressivement. Je dis privilège, car leur connaissance, leur engagement, et l’horizon que dessinent ces gens est remarquable.

C’est véritablement passionnant. Et m’a convaincu de l’absolu nécessité d’aider le monde paysan qui veut se tourner vers l’agroécologie (qui va plus loin que le bio), que ce soit en France ou dans le monde.

Voici quelques-unes de mes réflexions.

Le paysan réapprend à connaître intimement sa terre, à la protéger, à l’aimer et y sensibilise les Amapiens.

Jonathan, notre maraîcher, schématise ainsi : l’agriculture conventionnelle nourrit la plante, quitte à appauvrir le sol, tandis que l’agroécologie s’attache à nourrir le sol qui nourrit la plante. Il apporte donc un soin tout particulier à son sol. Par exemple, il minimise les labours mécaniques et expérimente la permaculture.

Jean, notre arboriculteur, a quelques hectares de céréales, et il pratique l’alternance (rotation blé-colza-tournesol). Des choses que nous avons apprises à l’école, qui semblent être du Ba-ba mais que l’industrie agroalimentaire a totalement oublié (immenses superficies sans arbres donc sans stabilisation du sol ni retenue de l’eau, monoculture, etc.).

A l’Amap, plusieurs visites sont organisées chez nos paysans, avec à chaque fois une participation au travail de l’exploitation. A lire par exemple mon compte-rendu de la journée chez Jean, avec fabrication du jus de pommes et visite de l’exploitation.

Le travail du paysan fait appel à des connaissances pointues, dans le cadre de collaborations avec de multiples partenaires

Jean travaillait en conventionnel et aujourd’hui est labellisé « bio ». Pour ses pêches, pour ne citer que cet exemple, les variétés disponibles ont besoin de la chimie de synthèse. Tout son travail est de sélectionner, à l’aide des pépiniéristes et des ingénieurs agronomes les bonnes espèces (les anciennes en l’occurrence) et de déterminer comment les faire grandir, sans la chimie de synthèse. Il se réjouit que les meilleurs ingénieurs agronomes se tournent vers le « bio ». Le fait d’être labellisé « bio » lui permet cette collaboration fructueuse. L’Amap entre en jeu dans cette collaboration dans la mesure où les Amapiens en s’engageant à l’année, accepte de soutenir Jean, même si sa récolte finalement n’est pas très bonne tout de suite.

Le paysan est en perpétuelle réflexion pour diminuer son impact écologique, et l’Amap l’encourage dans cette voie.

Comme l’a souligné le Terra eco n°42, le label « bio » en l’état a ses limites. Jonathan confirme le fait qu’il ne prend pas en compte globalement l’attitude de l’exploitant. Il est d’ailleurs labellisé « bio » mais aussi Nature et Progrès. Par exemple :

- le label « bio » autorise de fertiliser le sol avec des farines animales, ou du guano importé d’Amérique du sud. Il s’y refuse.

- il refuse de bâcher sous plastique ses cultures (sauf les fraises) pour ne pas alourdir son bilan carbone.

- Jean fait tout pour préserver les ressources en eau et irrigue au goutte-à-goutte

- à l’Amap, l’éleveur de volailles a modifié l’alimentation de ses bêtes. Dans les céréales (cultivées sur place), il a remplacé la part de maïs par du sorgho, beaucoup moins gourmand en eau.

- Un paysan qui livre en Amap est particulièrement soucieux de travailler ainsi, de manière globalement responsable, ce que la charte de l’Amap exige, tout simplement.

Des contraintes pour le paysan et pour les « mangeurs », un acte citoyen

Car oui, pour un paysan, livrer des paniers est difficile, il faut la variété, une certaine constance dans le poids, remplir un cahier des charges exigeants...,etc. Et oui pour le « mangeur » (l’Amapien), il y a des contraintes aussi, aller chercher toutes les semaines ou une semaine sur deux son panier, être un minimum actif au sein de l’association... Jonathan parle donc d’acte fort, voir d’acte citoyen.

Ma conclusion est que ces contraintes sont peu de chose par rapport à tout ce que j’apprends et tout le plaisir que j’éprouve à côtoyer les paysans et les autres Amapiens, ainsi que ce sentiment de faire partie d’une aventure humaine. Le plaisir je vous dis, c’est ça qui nous sauvera (cf à ce sujet mon article Sauver la planète, ça prend du temps !! (billet d’humeur)

- Ma mission pour aller plus loin Nous venons de souscrire un contrat à l’Amap Légumes, Fromages et l’Amap Miel. Notre point faible restant pour la viande et le poisson, nous devons étudier plus avant les possibilités.


A voir ou à lire : le récent « Les Moissons du futur » de Marie-Monique Robin.

extrait de Terra Economica

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