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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 08:44

le texte qui suit est une adaptation de l'incantation utilisée par Don José Carmen,

l'Homme qui parle avec les plantes, pour faire tomber la pluie...

Elle m'a été inspirée lors de la lecture, des précisions sur les communications et les prières réalisées avec l'énergie du cœur pour intervenir sur les 4 éléments, du très beau livre de Philippe Weber « La Terre parle aux hommes » (p.160)

J'ai la nette impression que cela pourrait aider à rendre légale l'HUMUSATION, la Métamorphose,en 12 mois, des défunts en Humus sain et fertile,

la seule pratique funéraire 100 % favorable à l'environnement, dans les meilleurs délais.

 

En tout état de cause, plus nous serons nombreux à lire, le texte qui suit, avec conviction

plus les effets devraient être spectaculaires .... cela vaut la peine de le faire, aussi souvent que possible ... OK ?

Prière par les sentiments pour l'HUMUSATION

« J'exprime toute ma gratitude pour tout ce qui a été, ce qui est, et ce qui sera.
Je rends grâce pour l'enterrement et l'incinération
car c'est ainsi que les corps des défunts furent traités jusqu'à maintenant.
Je suis conscient de mon statut de co-créateur
et je choisis de ressentir l'HUMUSATION dans tout mon corps.
Je vois le bel aspect du « super compost »
obtenu par la Métamorphose, en 12 mois, des défunts en Humus sain et fertile.
Je sens la bonne odeur de sous-bois qui s'en dégage.
Avec 1 %, cela suffira pour assurer durablement la croissance harmonieuse des fleurs vivaces et de l'arbre fruitier choisis
afin de matérialiser les espaces commémoratifs individuels, pour les familles.
Je perçois déjà les effets salvateurs des 99 % restants pour la régénération des sols,
les plus malmenés par l'exploitation humaine.
Ce « super compost » y fera pousser, naturellement, des arbres vigoureux
(capables de produire les fruits les plus sains et les plus savoureux !)
afin de pouvoir fixer un max de CO²
pour enrayer, autant que possible, le dérèglement climatique.
Avec toutes les économies réalisées par rapport aux funérailles conventionnelles,
ceux et celles qui le veulent, ont le budget pour financer la plantation de jardins forêt comestibles en permaculture
sur les terres arides en bordure de désert afin de fixer, en 20 ans, tout ou partie du CO² émis au cours de leur vie
Tout est déjà accompli.
Je remercie pour la chance qui m'a été offerte de choisir l'HUMUSATION.
J'honore l'Univers pour les multiples possibilités qu'il m'offre à chaque instant. »

Le principe de cette prière est simple : en ressentant le sentiment que notre désir est comblé dans notre cœur, notre prière est déjà exaucée !

Visualisons l'effet obtenu surtout si les quelques milliers de signataires de nos pétitions invitent leur(s) voisin(es) et (ou) leur(s) ami(es) à la réciter ensemble ...

Tout particulièrement lorsque chacun(e) posera un acte citoyen en faisant parvenir son "Acte de dernière Volonté" à ses élus locaux (téléchargeable tout en bas de chaque page sur www.humusation.org) !

MERCI !

Francis Busigny le 21/12/2014 modifié le 01/07/2016

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 16:41
Prendre sa "mort en main" ... pour l'avenir de l'Humanité !

De plus en plus de personnes pensent, comme nous, qu'il est vraiment irresponsable de continuer les pratiques funéraires actuelles alors qu'il est établi que :
-bon nombre de nappes phréatiques, aux abords des cimetières, sont classées "indépolluables"
-la pollution de l'air, de l'eau, et même de la terre par les Crématoriums est importante
http://bonne-eau-bonne-terre.over-blog.com/2014/05/cremation-et-inhumation-quel-sombre-bilan.html
Tous les éléments y sont rassemblés pour créer une sorte d'électrochoc destiné à faire prendre conscience ...de ce qui est déjà bien connu d'une partie, au moins, des "autorités" !

Pour une "après-mort environnementalement soutenable", afin de ne plus "empoisonner" les vivants, il faudrait mourir.... et pouvoir nourrir (voire soigner) la Terre en lui offrant son corps afin de recréer les conditions favorables à de nouvelles vies !

Mais dans l'état actuel de pollution de nos corps (de plus en plus gorgés de résidus de médicaments, métaux lourds, pesticides, fongicides, perturbateurs endocriniens, prothèses, et autres ...), seule la capacité épuratoire d'un "super tas de compost" adéquatement géré, peut garantir un "retour" à la Terre sans "ardoise" pour les Générations Futures en prenant, bien évidemment, toutes les précautions pour éviter toute désacralisation des rites funéraires.

C'est ce que nous voulons mettre en œuvre, avec le soutien d'un comité d'experts en transmutation de la biomasse en Humus sain et fécond, dans chaque

Verger de la Transcendance des défunts en Permaculture



http://bonne-eau-bonne-terre.over-blog.com/2014/06/le-verger-pour-la-transmutation-harmonieuse-des-defunts-en-permaculture.html

C'est l'émergence d'une vision nouvelle sur la vie et la mort, en accord complet avec les lois de la nature et les traditions : "Nous sommes faits de poussières et nous retournerons en poussières" ce qui signifie vraiment que nous "venons" de la Terre et, qu'ainsi, nous pourrons y "retourner" à la fin de notre existence terrestre.

La phase de "retour à la Terre" y sera simplement accélérée (+/- 12 mois) et, surtout, totalement sécurisée !
Elle aboutira à la production de +/- 1 m³ de "super compost", aux vertus très proches de la "Terre Preta", capable de décupler les effets lors de la fertilisation des sols


C'est idéalement, le défunt lui-même, au travers d'une sorte de "convention obsèques" ou "testament funéraire", établi de son vivant, ou, à défaut, sa famille qui devra décider, en toute connaissance de cause, de l'affectation à lui donner.



Comme un seul seau de ce véritable Or Brun sera nécessaire pour fertiliser durablement l'espace commémoratif, ce serait, sans doute, judicieux d'affecter le solde de ce "super compost" à la régénération des sols les plus malmenés par l'exploitation de l'Homme afin d'aider la Terre à continuer à nous "supporter" encore longtemps ....

Ce serait aussi, fort vraisemblablement, le déclic salutaire pour commencer à effacer notre "ardoise" envers les Générations Futures !

En tout état de cause, on ne peut plus se permettre le "luxe" d'attendre ...
avant de faire adopter, dans les législations, ce nouveau concept "vital" pour l'avenir de l'Humanité !

MERCI pour votre généreuse implication afin d'inciter un homme ou une femme politique à "entrer dans l'Histoire" en autorisant la concrétisation de ce projet, dans les meilleurs délais.

Si, comme nous , vous pensez que, lorsque votre heure sera venue, vous devez pouvoir faire, en toute connaissance cause, cet ultime hommage à notre Terre Mère en guise de remerciement.

Au lieu de continuer à empoisonner les Générations Futures et à priver les couches fertiles de la terre des restes de ton passage, tu peux agir, dès maintenant, afin de pouvoir apporter ta contribution pour que ton propre corps, après sa mort, puisse régénérer les sols les plus malmenés par l’exploitation et l’avidité humaine en signant, maintenant, notre pétition :

Pour la légalisation de cette nouvelle pratique funéraire, réellement, favorable à l’environnement

  • en faisant un double-clic gauche sur le lien bleu ci-dessus


Vous pouvez aussi nous envoyer votre message de soutien à :

Guy BASYN consultant en permaculture guy.basyn@esperanto.be http://

www.lafermeduboissonnet.be

Francis BUSIGNY Ingénieur Conseil en "EAUTARCIE" francis.busigny@laposte.net

www.eautarcie.org

ou, mieux encore, si cet éco-concept innovant vous interpelle,

vous pouvez faire évoluer les législations en Belgique en signant la


Pétition : je prends "ma mort en main" pour l'Avenir de l'Humanité

avec 10.000 formulaires d'engagement, on atteindra une réelle "masse critique".

voir aussi toutes infos et les illustrations sur

http://bonne-eau-bonne-terre.eu/

Prendre sa "mort en main" ... pour l'avenir de l'Humanité !
Prendre sa "mort en main" ... pour l'avenir de l'Humanité !
Prendre sa "mort en main" ... pour l'avenir de l'Humanité !
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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 08:48

En tant que proche collaborateur du Professeur Orszàgh (www.eautarcie.org), je me permets de vous communiquer, en avant première, les dernières constatations et réflexions sur ce sujet du Léonard de Vinci de notre époque....

D'une intégrité et d'une compétence hors normes ainsi que d'un total désintéressement , il a de réelles connaissances dans une multitude de domaines ce qu'il lui a permis de montrer, en toute humilité, la voix à suivre pour nous sortir de l'ornière du "réchauffement climatique", de la "malbouffe", ... et même du chômage !

Pour le coup, c'est un réel "message d'espoir pour l'Humanité"

Ce qui est génial, c'est que nous pouvons, tous, nous mettre à appliquer ces idées, à notre niveau quel qu'il soit, pour faire notre "part du colibri" ...

« L'augmentation de la teneur en CO² de l'atmosphère... Une opportunité à saisir pour l'humanité ! »

prenez le temps de le lire jusqu'au bout

Il y démontre, de façon limpide, que la quantité énorme de CO² rejetée dans l'atmosphère par l’homme est, malgré tout, une chance, une opportunité à saisir pour l'humanité.

En fait, ni plus ni moins, il "montre le cap pour restaurer la biosphère" !

(cela devrait pouvoir lui valoir un prix Nobel !)

merci de laisser un commentaire

Francis Busigny


Résumé

Il s’agit ici d’un essai, une sorte d’esquisse, pour baliser le chemin qui conduirait l’humanité hors de ses problèmes climatiques. Les mesures proposées par la suite peuvent apparaître, comme celles d’un monde à l’envers où les concepts actuels sont ni plus, ni moins, inversés. Comme si l’on regardait le monde la tête en bas. Tout est évidemment une question de point de vue. Quand on porte des lunettes munies de prismes qui inversent l’image, l’expérience montre qu’après quelques jours, la perception du monde devient normale. Les scientifiques actuels (tous mes respects pour les exceptions) regardent le monde avec des lunettes à prismes. Il y a des chances que nos petits-enfants jugeront notre vision actuelle du monde comme une sorte d’univers à l’envers. Ce qui est, par contre, encourageant est que les mesures proposées dans cet essai coûteront probablement bien moins cher que les sommes actuellement consacrées à la recherche de solutions qui, d’un point de vue scientifique, et cela, on peut déjà aisément le prouver, ne conduisent que dans une impasse.

L’aspect ironique de la démarche proposée pour la maîtrise des changements climatiques, réside dans les « effets collatéraux » favorables comme la mise en place d’une production alimentaire durable, et l’élimination de tous les problèmes liés à l’eau (pollutions, pénurie, sécheresses, inondations, érosion, etc.) dans le monde. Sans parler de l’émergence très probable de nouvelles techniques de production « d’énergies vertes » avec des rendements qui feraient pâlir les thermodynamiciens les plus avisés.

Les scénarios catastrophes des spécialistes

Lorsqu’on regarde le problème des changements climatiques avec les yeux de « ceux qui savent » les prévisions sont loin d’être roses… Les extrapolations, faites avec les modèles de calcul les plus perfectionnés, indiquent tous, sans exceptions, une détérioration de la situation. Les projections des tendances actuelles indiquent une augmentation de la température de l’atmosphère de plusieurs degrés. Quant aux conséquences prévisibles, chaque degré centigrade ajouté apporte des aggravations et des perspectives de plus en plus apocalyptiques.

De toute évidence, les décideurs politiques et économiques ne peuvent plus esquiver les décisions qui feront de plus en plus mal. Le problème est que les décisions prises (comme la convention de Kyoto et ceux qui l’ont suivi) jusqu’à présent, ne semblent absolument pas infléchir les tendances que l’on mesure depuis le début du siècle dernier. Les seuls remèdes envisagés sont « la réduction des émissions de gaz à effet de serre » et/ou l’utilisation d’un « puits de carbone » miraculeux où l’on stockerait le CO2 « excédentaire » de l’atmosphère.

Alimenter le « Moloch » insatiable

La démarche actuelle, tout en laissant de côté une vision globale, pourtant nécessaire, ne manque pas d’incohérence. « On fait tout »(?) pour réduire les émissions. Pendant ce temps, afin d’alimenter les besoins énergétiques insatiables, des moyens gigantesques sont mis en œuvre pour la recherche de nouveaux gisement de combustibles fossiles (Cf. entre autres : gaz de schiste). De toute évidence, au niveau des décideurs économiques – et politiques par voie de conséquence - l’objectif prioritaire ne semble pas être la mise en place d’une économie durable, mais celle d’un monde où les profits le sont.

Les adeptes de l’énergie nucléaire ont beau jeu de clamer leur « non contribution aux changements climatiques ». D’un autre côté, en matière de recherches énergétiques, les scientifiques les plus éminents pratiquent la ruée vers les énergies vertes. Biogaz, pellets, biocarburants, production d’énergie électrique par la combustion de la biomasse, sont autant de filières qui ont la préférence de tous. Afin de poursuivre ces activités, on entend souvent la justification suivante : « les énergies vertes sont renouvelables, leur production est neutre par rapport à l’effet de serre ». Cette affirmation est en passe de devenir une vérité inébranlable, aboutissant à la formulation d’un dogme.

Par la suite, nous allons montrer que cette démarche aboutit aussi à une impasse.

La vision anthropo-centrique vs. bio-centrique

Depuis au moins 25 ans je défends publiquement une démarche très pratique et de « terre-à-terre » pour la maîtrise de tous les problèmes liés à l’eau, avec les effets favorables sur la production alimentaire mondiale. Jusqu’à présent, ce discours n’a rencontré que des « oreilles sourdes », l’incompréhension totale et même de l’hostilité1.

Dans mes discussions avec des spécialistes, le refus d’entendre est systématique. Le jugement des collègues – formulées rapidement et sans appel – est toujours défavorable. Les rares scientifiques qui ont pris la peine d’examiner, même superficiellement le contenu de mon discours, finissent par admettre « la pertinence » de cette démarche, en ajoutant toutefois l’objection imparable : les solutions proposées sont interdites par les lois en vigueur et sont psychologiquement, socialement inacceptables. Depuis des années, j’ai l’impression de mener une lutte contre les moulins à vent à la manière de Don Quichotte et aussi de jouer le rôle de l’enfant du conte d’Andersen : « Les habits neufs de l’empereur ». Lorsqu’on parle d’épuration des eaux, je crie haut et fort : « l’empereur est nu ! ». L’appréciation défavorable des idées que je suis appelé (par vocation ?) à défendre n’a pratiquement pas changée depuis 20 ans. Devant ce mur d’incompréhension, j’ai fini par découvrir l’origine de l’opposition. Le nœud du problème n’est pas de nature scientifique, mais philosophique².

La vision dominante est anthropocentrique et, de toute évidence, c'est ce qui inspire actuellement toutes les recherches. C’est aussi la philosophie qui régit toutes les activités. Il m’a fallu des années pour découvrir que ma démarche scientifique s’inspirait d’une vision, qu'on pourrait qualifier de bio-centrique.

Dans cet essai, ce n'est pas le confort immédiat et l'intérêt à court terme de l'homme qui se trouve au centre des préoccupations, mais bien l'intérêt de la biosphère dont l'humanité fait aussi partie. Contrairement à la vision anthropocentrique, c'est une vision à long terme. Avec ses préoccupations centrées sur lui-même, l'homme s’est mis, mentalement, en-dehors de la biosphère. Cette vision postule implicitement que la biosphère est au service de l'homme. De nombreux phénomènes, et surtout problèmes, observés et connus de tous, prouvent que la vision anthropocentrique est nuisible à l'ensemble de la vie sur cette planète. Les problèmes liés à l'eau, à la production alimentaire et aux changements climatiques sont les conséquences directes et immédiates de cette vision. Inversement, on peut montrer que l'humanité peut sortir de ces problèmes en moins d'un demi-siècle, en prenant, le plus rapidement possible, un virage vers une vision bio-centrique. Plus ce virage tardera à venir, plus douloureuse sera la transition…

Un message d’espoir

D’un point de vue scientifique et technique, la démarche esquissée par la suite, sans remettre en cause le confort de l'homme, restaure la biosphère, actuellement fortement malmenée, et en grande partie déjà détruite. Vu sous cet angle, l’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère, au lieu d’être une sorte de catastrophe, une fatalité à gérer à coups de milliards, apparaît comme une chance, une opportunité à saisir pour créer des espaces de vie confortables pour l’humanité qui augmente en nombre. A défaut d'un virage en ce sens, les prévisions catastrophiques des spécialistes se réaliseront : on fera la guerre pour l'eau et les changements climatiques apporteront leur lot de catastrophes qu'on qualifiera de « naturelles », alors qu’elles ne sont que les conséquences des décisions incorrectes. Je répète, ces catastrophes prévisibles ne constituent nullement une fatalité, elles peuvent être évitées, en changeant notre vision.

Le carbone, l’élément-clef de la biosphère

L’idée de base de notre démarche est le fait que l’atmosphère terrestre et le sol sont l’œuvre de la biosphère. Les deux sont largement interdépendants. Lorsqu’on laisse agir la biosphère (donc sans intervention de l’homme), un équilibre s’établit entre le carbone du CO2 de l’atmosphère et le carbone organique en activité dans la biosphère. La vie sur les continents y joue un rôle fondamental. La base de toute vie sur les continents est la terre fertile, la partie superficielle du sol. L’or brun de la terre est l’humus qui abrite une faune très riche qui vit en symbiose avec le monde végétal. Sans ce monde, à long terme, il n’y a pas de vie animale, ni humaine possible.

L’humus des terres agricoles a été brûlé par l’agriculture intensifiée, celui des forêts humides et tempérés par le déboisement et les incendies. Les cultures dites « énergétiques » sont en train d’achever la destruction des sols. Sans humus, la terre, la base de toute vie sur les continents, « ne tient plus ». Elle s’en va dans les océans par érosion. Cette perte est définitive, et à l’échelle humaine, elle est irremplaçable. Les incendies des forêts, le déboisement, la disparition de l’humus des terres agricoles, sans parler de la suppression des zones humides des rivières, a rejeté et rejette encore des quantités énormes de carbone dans l’atmosphère. Comme effet collatéral, faute d’humus, l’eau des précipitations n’arrive plus dans les nappes phréatiques (ou peu). Elle ruisselle directement vers les rivières dont le débit devient aléatoire : étiage en périodes sèches et inondation en périodes humides. Le cycle de l’eau est gravement perturbé. A cela s’ajoute le sur-pâturage et les pratiques agricoles modernes inadaptées aussi dans les pays en voie de développement. Tout cela contribue aussi, d’une manière directe aux changements climatiques.

Les problèmes environnementaux que nous connaissons actuellement trouvent leur origine, dans la méconnaissance des mécanismes de fonctionnement des grands cycles naturel. Sans une vision globale, le risque de faire des erreurs est grand.

Malheureusement l’avis des « généralistes » des sciences ne pèse pas lourd devant celui des spécialistes de haut niveau qui ne connaissent bien que leur domaine. C’est souvent l’origine des décisions incorrectes touchant directement la biosphère.

La maîtrise des changements climatiques par le traitement des eaux usées

Quand un spécialiste en génie sanitaire entend cette affirmation, il jette les bras en l’air, en insistant sur le fait que l’épuration n’alimente pas (ou très peu) l’atmosphère en dioxyde de carbone, ce qui est vrai. La liaison entre l’épuration et les changements climatiques passe par l’agriculture et la production d’énergies vertes. Point de production alimentaire durable sans un traitement durable des eaux usées urbaines.

Le premier pas incontournable sur le chemin de la maîtrise des changements climatiques passe donc par la suppression du système absurde de « tout-à-l’égout », obéissant aux mêmes principes que celui du « tout-à-la-poubelle ».

Les spécialistes en agriculture et en génie sanitaire n’ont pas encore découvert les liens intimes qui existent entre le traitement des eaux usées et l’agriculture. Cependant, les véritables responsables de cette situation sont à chercher dans le cercle de la médecine et tout particulièrement dans l’idéologie hygiéniste. Car l’hygiénisme est une idéologie basée sur une démarche scientifique incomplète et incohérente. En simplifiant à l’extrême il s’agit de la méconnaissance de toutes les relations qui existent et peuvent exister entre les êtres microscopiques (bactéries, virus, champignons) et l’apparition de certaines maladies. L’effet le plus direct du système dogmatique établi par l’idéologie hygiéniste est le fait que plus de 3 milliards d’humains n’ont pas d’accès à une eau potable de bonne qualité. Les slogans du genre : « l’eau est un bien commun », « la gestion démocratique de l’eau », « le droit à l’eau potable de chaque être humain », « solidarité mondiale autour de l’eau », etc. ne constituent que des vœux pieux, sans aucun effet tangible. Sans adopter une vision bio-centrique, ces problèmes s’aggraveront.

Mais la nuisance majeure de l’idéologie hygiéniste est le fait, qu’elle a « dans le collimateur » la matière fécale humaine comme le « le mal absolu ». C’est la raison pour laquelle, dans les finalités de l’assainissement (déjà ce nom en dit long³), on cite, en toute première priorité « la protection de la santé humaine », tandis que la protection de l’environnement vient en tout dernier lieu, en passant par la notion de "l'institutionnellement approprié ».

Les déjections humaines et animales ne sont pas des déchets, elles sont plus qu'une ressource : elles font partie intégrante du monde du vivant. Sans elles, le fonctionnement de la biosphère est gravement perturbé. Elles font partie des processus indispensables à la vie sur terre.

Donc la charge polluante des eaux-vannes (eaux issues des W-C et des urinoirs) n’est pas un déchet dangereux, mais une ressource dont la valorisation est incontournable. Les eaux usées ne deviennent déchets qu’au moment ou les eaux-grises (eaux savonneuses) et les eaux-vannes sont mélangées (tout-à-l’égout). Elles ne deviennent déchets dangereux qu’après épuration. Sans entrer dans les détails scientifiques, l’épuration détruit les structures moléculaires indispensables à la formation de l’humus pour le sol et les transforme en pollution. Elle prive les sols d’un apport de structures organiques (4) indispensables au maintien de la teneur en humus. En ce sens, l’épuration des eaux résiduaires urbaines est une nuisance environnementale majeure dont on refuse actuellement admettre les conséquences déjà visibles.

Le mécanisme qui conduit à la maîtrise des changements climatiques

Les déjections de plus de 7 milliards d’humains (9 à 10 milliards prévus pour la fin du siècle) représentent une biomasse comparable à celle produite par les animaux d’élevage. Les deux ensemble, traitées avec une quantité très importante de matériaux végétaux (riches en cellulose) rendrait superflu l’usage des engrais chimiques dans la production alimentaire mondiale. Avec la suppression du « tout-à-l’égout » une infrastructure se met en place, surtout autour des grandes villes qui, avec les centres de traitement de la biomasse produirait l’amendement organique agricole indispensable pour régénérer la biosphère.

C’est le chemin incontournable qui conduit à la régénération de la teneur en humus des terres agricoles et celle des autres sols aussi. Avec la suppression des engrais chimiques, les besoins en produit phytosanitaires régresseront également. Il n’est pas exagéré de dire, qu’en ce cas, l’agriculture mondiale devient biologique par la force des choses, sans le moindre règlement contraignant. Point ne sera nécessaire d’interdire l’usage des pesticides, puisque l’agriculture, devenue organique, n’en aura plus besoin.

Un gramme d’humus stabilisé dans le sol est capable d’y fixer jusqu’à 50 grammes d’eau, à la manière d’une éponge. Avec la régénération de la teneur en humus des terres, comme nous disions plus haut, l’eau des précipitations, au lieu de ruisseler vers les rivières, alimentera les nappes phréatiques, actuellement surexploitées. Les besoins en eau d’irrigation diminueront aussi. Le débit des rivières devenant plus régulier, la fréquence et la gravité des inondations diminuera aussi. Les effets des sécheresses s’atténueront.

La quantité énorme d’eaux-vannes collectées d’une manière sélective (5), et issues des villes, ainsi que le fumier des animaux nécessitera toute la biomasse végétale (que l’on brûle actuellement (6) sous prétexte de valorisation énergétique) disponible dans les grands centres d’imprégnation et de compostage. Les villes deviendront en quelque-sorte « le cordon ombilical » de la production alimentaire mondiale. Ce qui est tout à fait normal, puisque notre alimentation est un produit de la terre, c’est une évidence que nos déjections doivent y retourner, mais pas n’importe comment. C’est ainsi que les grands cycles naturels de carbone, de l’azote, du phosphore et aussi de l’eau seront enfin bouclés. Le nouveau génie sanitaire reconduit l’homme dans la biosphère. Pour les générations futures, l’épuration des eaux résiduaires urbaines apparaîtra comme une erreur du passé, un égarement…

Le bilan de carbone du nouveau génie sanitaire

La restauration de la teneur en humus des terres agricoles est un processus qui peut facilement prendre un demi-siècle, tout en mobilisant la totalité de la biomasse animale (humaine) et végétale disponible. Ce faisant, en plus du rétablissement du régime hydrique des écosystèmes, on assistera à des modifications locales du climat des régions sèches ou arides. Le climat fait le sol, mais l’inverse de cette affirmation est vrai aussi. Dans les régions sèches, grâce au pouvoir rétention d’eau des sols, avec l’extension de la végétation et l’évapo-transpiration, les courants d’air ascendants deviendront moins fréquents et moins intenses. Ce qui modifiera, dans le bon sens, la pluviosité locale. A titre d’exemple, en mettant en place à l’échelle mondiale un vaste programme de gestion durable de la biomasse, vers le milieu de ce siècle, le pourtour de la Méditerranée et le Moyen-Orient ont des chances de (re)devenir une vaste région verdoyante. Le flux migratoire sud-nord s’inversera, car dans ces régions et aussi au Sahel, il fera bon vivre.

La mobilisation globale de la biomasse disponible, pendant des décennies stockera une quantité de carbone dans le sol et aussi dans le monde des végétaux, à la mesure des quantités de CO2 que l’usage des carburants fossiles a rejeté dans l’atmosphère. On crée ainsi un puits de carbone qui, du moins dans sa phase de croissance, absorbera plus de CO2 de l’atmosphère que l’homme ne peut y rejeter. On assistera d’abord (après quelques années déjà) à un ralentissement de l’augmentation de la teneur en CO2, pour voir « le pic de CO2 » probablement entre les années 2050 et 2080. Il serait trop long d’exposer les bases de cette prévision ici. Le pic de CO2 correspondra tout simplement à équilibrer les émissions avec l’absorption par la biosphère.

Cette absorption sera évidemment plus grande que celle de la biosphère de l’air préindustrielle. Pour arriver à ce résultat, il faudra pratiquement reboiser de très vastes régions actuellement sèches, semi-arides et arides. Heureusement ce phénomène est auto-catalytique. Il s’accélère en s’avançant, du moins jusqu’à un point d’équilibre.

Quand l’usage des combustibles fossiles devient une chance pour l’humanité en croissance…

Sans encourager la gabegie énergétique actuelle, grâce à cette quantité énorme de carbone rejetée dans l’atmosphère, l’humanité dispose d’une réserve inespérée de carbone pour augmenter la biomasse active dans la biosphère.

Il ne faut pas sous-estimer la « respiration » bien mesurable et mesurée de l’atmosphère. En un an, même la biosphère actuelle, passablement détruite et délabrée, échange annuellement plusieurs fois plus de CO2 avec l’atmosphère que l’homme y rejette par an. Avec l’extension de la biosphère, cette respiration annuelle devient de plus en plus intense, sans parler du fait qu’un écosystème en pleine croissance absorbe plus qu’il n’en rejette. L’équilibrage se fait au moment de l’arrêt de croissance. Seulement dans les 150 années à venir, l’homme suivra de près l’évolution de la teneur en CO2 de l’atmosphère et le flux de fixation par la biosphère. C’est probablement au début du 22ème siècle que l’on arrivera à cerner la teneur optimale en équilibre dynamique avec la biosphère. Compte tenu de la réserve de carbone dont nous disposons par la combustion du carbone fossile, on pourra calculer la superficie des déserts qu’il sera souhaitable de conquérir pour stabiliser la situation climatique.

Les scientifiques de l’avenir pourront alors calculer avec précision le point d’équilibre à ne pas dépasser afin de ne pas enclencher un refroidissement de la planète. La fixation des réserves de carbone rejetée par l’homme, dans la biomasse active, créera de vastes zones verdoyantes nouvelles (au détriment des déserts) pour le monde vivant et aussi pour les hommes du futur. Avec la maîtrise des changements climatiques, on pourrait peut-être, alimenter les 10 milliards d’humains prévus pour la fin du siècle. Cependant, en adoptant la philosophie bio-centrique, il restera encore un défi : la maîtrise des changements climatiques devra aller de pair avec celle de l’augmentation incontrôlée de la population.

Jadis, le CO2 excédentaire a aussi fait partie de la biosphère

En brûlant le charbon, le pétrole et le gaz naturel, l’homme n’a rien fait d’autre que libérer le carbone qui, il y a environ 200 millions d’années (à l’époque carbonifère) faisait partie intégrante de la biosphère. Suite à une série d’accidents géologiques, cette biomasse s’est retrouvée sous terre et a subi des transformations. L’atmosphère primaire de la Terre contenait probablement beaucoup de CO2, ce qui avait comme effet de stimuler la végétation vers le gigantisme. Par ailleurs, avec un certain retard, le monde animal a aussi opté pour le gigantisme. C’est un accident cosmique qui a mi fin à ce gigantisme animal (les dinosaures), il y a 60 millions d’années.

Pendant l’époque carbonifère la teneur en CO2 de l’atmosphère a diminué jusqu’à atteindre un équilibre. Ce sont des accidents géologiques qui ont mis fin à cet équilibre en ensevelissant une quantité phénoménale de carbone organique dans le sous-sol. Le monde végétal devait donc se contenter de moins de carbone disponible, en libérant des terres émergés pour les déserts. L’homme moderne a donc prélevé une partie de cette réserve souterraine de carbone à des fins énergétiques, mais au lieu d’aider la biosphère à retrouver un nouvel équilibre, il a continué à la détruire aussi. Ce faisant il n’a fait que renforcer le déséquilibre créé par la combustion. Il y a des chances pour que dans l’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère, la destruction de la biosphère – entamée par ailleurs depuis l’antiquité – aurait contribué aussi d’une manière significative. Ce que nous proposons actuellement, c’est tout simplement d’inverser la tendance actuelle – d’où « le monde à l’envers » - et profiter de cette réserve de CO2 atmosphérique pour renforcer la biosphère et surtout créer (en fait rendre) un espace supplémentaire aux espèces actuellement menacées de disparition.

Réorienter les recherches en climatologie

Nous pensons que c’est une erreur de mettre le déséquilibre actuel uniquement sur le dos de l’utilisation des combustibles fossiles. Il serait souhaitable d’entamer des recherches pour évaluer les proportions optimales entre la teneur en carbone de l’atmosphère et la quantité de carbone organique active dans la biosphère. L’atmosphère et le sol sont l’œuvre de la biosphère, c’est donc à la biosphère qu’il faut s’adresser pour redresser la situation.

Revoir notre vision sur les énergies dites « vertes »

Contrairement aux idées reçues, la combustion de la biomasse à des fins énergétiques n’est pas une opération « neutre » au point de vue des changements climatiques. Dans une biosphère en équilibre avec l’atmosphère, on peut évidemment prélever une certaine quantité de biomasse végétale et animale à des fins énergétiques. La condition est de ne pas diminuer la quantité de biomasse active dans la biosphère. La gabegie énergétique actuelle ne peut envisager que des prélèvements gigantesques dans la biomasse, ce qui contribue à renforcer l’effet de serre provoqué par l’usage mégalomane des combustibles fossiles.

En l’état de délabrement de nos terres agricoles et de la destruction avancée de la biosphère, chaque kilogramme de biomasse animale (humaine) et végétale brûlée à des fins énergétiques, constitue un facteur de déséquilibre. La valeur biologique (humus potentiel) de la biomasse ainsi détruite, est de loin supérieure à celle du très peu « d’énergie verte » produite. Faut-il rappeler que même en mobilisant toutes les terres agricoles pour la production d’énergie verte, cette activité, ne couvrira qu’une proportion très faible de nos besoins énergétiques actuels ?

En ce sens, la production des biocarburants, du bio-méthane, et la combustion des pellets (matière idéale pour les centres d’imprégnation et de compostage) et des déchets agricoles pour produire de l’énergie électrique, sont des activités suicidaires.

L’énergie verte de l’avenir ?

Pour la production d’énergie verte, la solution de l’avenir passera par des voies microbiologiques7. Une des filières vraiment crédible est la récupération de la chaleur de compostage pour chauffer des serres et des habitations. En effet, pendant le compostage de la paille imprégnée d’eaux-vannes8 la température peut monter jusqu’à 70°C et, moyennant d’intervention, peut se maintenir au-dessus de 50°C pendant plusieurs mois. Des expériences en cours en Hongrie sont encourageantes quant à la possibilité d’utiliser cette énergie thermique pour assurer un chauffage de base à des habitations. Malheureusement, en dépit de mes sollicitations, ni en Belgique, ni en Hongrie, aucun établissement de recherche ou universitaire n’a, jusqu’à présent, montré le moindre intérêt pour cette filière énergétique.


Mons, le 3 mai 2014.
Joseph Országh
www.eautarcie.org

1 Pour faire opposition aux idées défendues sur le site eautarcie.org les techniciens agricoles et en génie sanitaire, sans parler des hygiénistes, se donnent la main avec les environnementalistes.

2 Après mon exposé fait devant un parterre de grands spécialistes aux Journées Information Eaux (JIE) à Poitiers, en France, je m’attendais à une avalanche d’objections techniques et scientifique. La seule question qui m’a été posée était la suivante : « Vous êtes membre de la Commission Gouvernementale des Eaux en Belgique. Quelle est la position du Gouvernement par rapport à vos propositions ? » De toute évidence, personne ne souhaitait entreprendre une discussion scientifique sur le sujet.

3 Le mot assainissement (rendre sain) est une erreur tragique avec des conséquences très graves. Il vaudrait mieux parler de « valorisation des eaux résiduaires » ou plutôt de « gestion des eaux usées ».

4 La valorisation agricole d’une partie des boues d’épuration ne constitue qu’une caricature du procédé de fabrication d’humus par compostage des matériaux végétaux imprégnés d’eaux-vannes et de lisier d’élevage. La quantité de nutriments (azote/phosphore/potassium ou NPK) ont bien moins d’importance que leur place occupée dans les structures moléculaires des déjections. Argumenter sur la reconduction de ces nutriments dans le sol par la valorisation agricole des boues d’épuration est un leurre dangereux. La « valeur agricole » du digestat de bio-méthane aussi.

5 Pour connaître une description sommaire du nouveau génie sanitaire, voir la vidéo de 14 minutes accessible par le lien : http://www.youtube.com/watch?v=cNKgvPGZSYg

6 L’enlèvement de la broussaille des sous-bois fournira la part de lion de la biomasse végétale dans les centres d’imprégnation et de compostage. Grâce à cet enlèvement, on pourra oublier les incendies qui détruisent chaque année des millions d’hectares de bois, tout en rejetant une quantité énorme de CO2 dans l’atmosphère.

7 Mais pas d’une manière stupide de production d’hydrazine au départ de l’urine (humus potentiel) par voie microbiologique.

8 Un tel centre d’imprégnation fonctionne déjà en France depuis 2011. Il produit du fumier « high-tech » bien apprécié par les agriculteurs.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 20:24

Ben Falk est un designer en permaculture établi à Moretown, dans le Vermont, aux Etats-Unis. Dans cette vidéo, il nous parle de la vie quasiment auto-suffisante qu’il mène et des systèmes qu’il utilise pour s’adapter au climat nordique du Vermont. Il décrit le fonctionnement de son poêle à bois, qui produit toute son eau chaude « gratuite », et de la méthode Jean Pain, ce système de chauffage au compost qui réchauffe sa serre. Il parle aussi de l’importance de la relation avec notre environnement, et des bienfaits du jardinage.

Vidéo - Dans sa ferme implantée dans les froides collines du Vermont, Ben Falk se chauffe grâce à son compost et cultive un impressionnant jardin

Cette vidéo a été réalisée par Olivier Asselin. Découvrez-en d’autres sur le site Possible.org, la plateforme vidéo dédiée à la promotion de solutions locales et concrètes pour un avenir plus durable.

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 18:50

Juste pour le plaisir, ils sont de retour avec le vermi compostage ! Excellent ;-)

http://www.youtube.com/watch?v=0jIBLz0wxtY

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 09:30

On croit souvent cette ressource illimitée. Mais près d'un quart de nos sols sont menacés de disparition. Explication.

Sous les pavés et le bitume, la terre est bien mal en point. Dans de nombreux champs, c’est encore pire. nos sols sont en danger, et on commence à peine à s’en rendre compte. « On a longtemps considéré les sols comme un simple support de l’agriculture, et on pensait qu’on savait très bien les gérer. Les scientifiques ont commencé à réaliser dans les années 1990 que ce n’était pas le cas, mais il a fallu attendre 2012 pour qu’il y ait une prise de conscience internationale du phénomène » , alerte Dominique Arrouays, président de l’Association française pour l’étude des sols (Afes) et organisateur d’un colloque dans le cadre de la journée mondiale des sols, la semaine passée, le 5 décembre.

Difficile à concevoir, mais le sol qui nous entoure est bien une ressource très limitée. La couche de 30 cm de terre qui recouvre une bonne partie des terres non immergées (et non bétonnées) de la planète est le subtil résultat de la très lente dégradation des roches. On trouve plus d’organismes vivants dans une poignée de ce mélange richissime que d’êtres humains sur la surface de la planète. De ces terres dépend la quasi-totalité de notre alimentation bien sûr, mais aussi notre climat. En effet, les sols du monde contiennent sur à peine 30 cm de hauteur autant de CO2 que toute l’atmosphère terrestre (environ 800 milliards de tonnes).

Touche pas à mon sol

Et pourtant nous dégradons ce patrimoine à grande vitesse. Une partie des sols s’érode et finit sa course dans les rivières et les océans. La faute principalement à l’agriculture intensive qui laboure et laisse les sols nus et donc sans défense une bonne partie de l’année. Et qui a détruit les haies et prairies qui limitaient le ruissellement des eaux. La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que cette seule érosion frappe 24 milliards de tonnes de sols par an, soit 3,4 tonnes par être humain. Enorme. En France, la situation est inquiétante notamment en région parisienne mais aussi dans une partie de la Bretagne et de la Picardie (voir carte ci-dessous réalisée dans le cadre du projet GISSOL).

« Dans ces régions, on peut voir l’érosion à l’œil nu avec les ravines, les rigoles ou les rivières qui sont marrons, pleines de boues », indique Dominique Arrouays. L’autre grand danger pour le sol, c’est le béton. D’après le ministère du Développement durable (aujourd’hui remplacé par le Service de l’observation et des statistiques), 600 km2 de terres sont artificialisées chaque année en France, soit l’équivalent d’un département tous les dix ans. « Le sol n’est alors plus exploitable à jamais. Et il ne joue plus son rôle de filtration des eaux de pluie », note le spécialiste. On s’en rend compte souvent trop tard, lors d’événements violents, comme les inondations. Et la liste des mauvais traitements infligés aux sols ne s’arrête pas là : ils sont aussi tassés, pollués, contaminés, acidifiés et perdent en biodiversité.

« Le pic sol »

Le problème, c’est que l’on dégrade ces sols beaucoup plus vite que la nature n’en crée. A-t-on atteint le « pic sol », comme on a atteint le pic du pétrole ou le pic de certains métaux ? « A mon avis on l’a déjà dépassé oui. Il y a des régions en France où l’on perd entre 20 tonnes de sol par hectare et par an, alors qu’il s’en forme entre 100 kilos et une tonne par hectare et par an », s’alarme le président de l’Afes qui estime qu’au moins 20% des sols français sont en situation de déficit. Soit autant de territoires qui pourraient se retrouver sur le caillou à l’échelle de quelques dizaines d’années. A tel point que, selon l’expression du spécialiste des sols Claude Bourguignon « nous manquerons de blé avant de manquer de pétrole ». La course au sol est déjà lancée, notamment en Afrique où l’accaparement des terres se fait au détriment des populations locales

Peut-on faire machine arrière ? De nombreuses solutions sont connues. D’abord, reconquérir les milliers d’hectares de friches industrielles plutôt que de bétonner des sols « vivants ». Ensuite, changer les pratiques agricoles, en labourant moins, voire plus du tout, en cultivant des plantes « pièges à nitrates » entre deux cultures, en retrouvant les bienfaits de la prairie. Cela passe aussi par nos jardins où ne pousse trop souvent qu’une pelouse bien tondue et où les pesticides sont répandus sans façon. Chacun peut aussi contribuer à nourrir la terre de ses déchets organiques en adoptant des lombrics. Pas d’excuses, de nombreux citadins montrent que c’est possible même sans jardin, voire même au pied des immeubles.

Le rédacteur :
Thibaut Schepman Terra eco

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 10:11
(Crédit photo : DR)
 
Interview - Jean-Martin Fortier, producteur canadien, est convaincu que l'on peut produire beaucoup de légumes sains et bios sur une petite surface. La preuve avec la micro-ferme qu'il exploite au Québec.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Jardinier-maraîcher ? Fermier de familles ? Jean-Martin Fortier lui même a du mal à qualifier son métier. Ce canadien de 35 ans exploite depuis 2005 la ferme des Jardins de la Grelinette, à Saint-Armand, à quelques kilomètres de Montréal, au Québec. Sa ferme est une micro-ferme. Elle mesure moins d’un hectare, loin de la taille moyenne d’une exploitation française qui est de 55 hectares.

Avec sa compagne, ils appliquent des techniques découvertes en voyageant et travaillant dans des fermes notamment au Nouveau-Mexique et à Cuba. Dans ces exploitations, les fermiers produisent beaucoup de légumes, sans pour autant utiliser de tracteur ni d’intrants, le tout sur une très petite surface. Ils ont suivi leurs traces, et viennent d’écrire un livre pour expliquer leurs méthodes : Le jardinier-maraîcher (Ecosociété, 2012). De passage en France, Jean-Martin Fortier a expliqué sa démarche à Terra eco (1).

- Terra eco : Pourquoi avez-vous souhaité travailler sur une très petite surface, ce que personne n’avait jamais fait au Québec ?

Jean-Martin Fortier : Nous souhaitions démarrer notre production, mais nous n’avions pas les moyens d’investir beaucoup. On a été obligés de viser petit en quelque sorte, même si nous avions pu voir au cours de nos voyages que d’autres le font déjà ailleurs et que cela marche. Après coup, nous avons même réalisé que la plupart de nos méthodes s’inspirent de ce que faisaient les maraîchers au XIXè siècle, notamment en France autour de Paris. On n’a rien inventé, c’est juste une autre façon de penser.

- Pouvez-vous résumer votre méthode de production, que vous appelez bio-intensive ?

Puisque nous travaillons sur une petite surface, il nous a fallu intensifier au maximum notre production. L’une des solutions est de ne pas organiser les plantations avec les traditionnels rangs, qui sont pensés pour laisser passer les tracteurs. Nous travaillons sur des bandes de terre surélevées, que nous appelons « planches » (voir image ci-dessous). Ces planches ne sont jamais labourées, jamais retournées, et alimentées régulièrement avec de la matière organique, pour disposer d’un sol intact et d’excellente qualité où les racines vont pouvoir descendre en profondeur. Les légumes y poussent très serrés, si bien que quand ils sont aux trois quarts de leur croissance, les extrémités des légumes se touchent, ce qui limite la lumière, et garde l’humidité. On a alors un terrain idéal pour les vers de terre et ça limite la pousse des mauvaises herbes. Au final, nous avons revisité toutes nos techniques de travail pour se concentrer sur la qualité du sol, pour avoir le sol le plus riche et le plus meuble possible.

- Ce modèle est-il rentable économiquement ?

Tout à fait. On produit beaucoup de légumes sur une saison qui est pourtant assez courte au Québec. On réussit à nourrir plus de 200 familles, qui payent 25 dollars canadiens (18 euros) par semaine pour des paniers pouvant nourrir 2 à 4 personnes. Nous avons dégagé un chiffre d’affaires de plus de 130 000 dollars en 2011 (97 000 euros). La plupart des Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) parviennent à ces chiffres avec 5 hectares de terrain et des outils mécanisés. Nous avons moins de coûts, nous avons démarré avec seulement 36 000 dollars d’investissements (26 000 euros), et nous arrivons à dégager plus de 45% de marge nette. Et ces méthodes ne donnent pas juste du rendement, cela donne aussi une efficacité et une grande qualité de travail. Je n’utilise pas la qualité de mon système pour en faire plus, mais pour en faire suffisamment pour avoir aussi du temps à passer avec les enfants. Nous avons donc aussi une bonne qualité de vie.

- Dans votre livre, vous expliquez que vous transplantez vos légumes, que vous utilisez des serres chauffées et des engrais commerciaux... On est loin de techniques plus neutres, comme la permaculture. Vous devez faire des compromis ?

La différence majeure, c’est que la permaculture est peu intensive et vise la productivité sans effort. Mais je ne suis pas sûr qu’on puisse vraiment vivre de la permaculture. Cela dit, nous tentons d’utiliser le moins de carburants fossiles, cela nous coûte à peine 5 000 dollars par an (3 700 euros), en alimentant par exemple notre camion de livraison avec de l’huile végétale de récupération.

- La France a perdu un quart de ses agriculteurs sur les dix dernières années. La ceinture maraîchère parisienne a quasiment disparu. Ce modèle de petites fermes intensives pourrait-il être une solution en France ?

J’en suis convaincu à 100%. Les micro-fermes intensives sont un « retour en avant », elles permettent de nourrir les gens sainement et de faire bien vivre les producteurs. Au Québec, nous parvenons peut-être à vendre nos légumes un peu plus cher qu’en France, mais notre saison de production est beaucoup plus courte que la vôtre. Et vous avez la démographie ici pour vendre toute la production tout le temps, alors qu’au Québec, on a une densité de population beaucoup plus faible. En plus vous avez beaucoup de petites surfaces agricoles. Et les gens prennent partout de plus en plus conscience de l’importance de manger local, bio, de connaître les gens qui produisent... J’espère que les techniques que j’ai développées vont être partagées, développées et améliorées ici. Quand ça marchera, ça fera sens pour beaucoup de gens et le système va être imité.

article paru sur le site de www.terraeconet.com


Pour aller plus loin :

Une vidéo montrant la technique de production du mesclun de Jean-Martin Fortier :

 

 

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:14

J'ai eu la chance de visionner l'excellent film « The Moon Inside YOU » lors d'une activité organisée récemment par la section Namur des Amis de la Terre

 

 

C'est à cette occasion que j'ai découvert un argument supplémentaire en faveur de l'utilisation des Toilettes Sèches à litière bio maîtrisée

Elles sont les seules à recueillir, dans les meilleures conditions, via la Mooncup, le sang menstruel pour en faire bénéficier la Mère Terre (voir plus bas)

 

Mais c'est tout d'abord tous bénéfices pour celles qui mettront en application les concepts évoqués ci- dessous

 

car oui, il existe des alternatives crédibles aux tampons et serviettes hygiéniques et aussi à la pilule !

 

Témoignage de Marie-Julie

 

Il y a près de deux ans, mon grand frère a eu la gentillesse (et le culot) de m'offrir une Mooncup. 

La surprise du premier instant passée, je me suis intéressée à cet espèce de petit entonnoir en silicone.

Très vite, j'ai pu apprécier ses nombreux avantages.

La Mooncup remplace des milliers de serviettes et de tampons. Elle est donc très respectueux de l'environnement.

Elle ne prend pas beaucoup de place lorsque l'on part aux cours, au travail ou en vacances. Elle se fait tout discrète.

Elle s'introduit et se place dans le vagin aisément. On ne la sent pas une fois positionnée.

Elle est sûre et empêche toute perte. Plus besoin de protège-slip! Plus de soucis lorsque l'on fait du sport!

Elle se rince facilement à l'aide d'une petite bouteille d'eau ou au dessus d'un robinet et se réutilise de suite.

Passé le premier investissement de 30€, elle ne coûte plus rien et peut durer des années. Elle est donc très économique.

De plus, elle permet à la jeune fille ou à la femme de renouer (voire de se réconcilier) avec son cycle naturel. Certains témoignages indiquent en effet que les règles peuvent être moins douloureuses avec la Mooncup qu'avec des tampons. De plus, comme elle recueille les fluides féminins au lieu de les absorber, elle n'assèche pas le vagin et protège son équilibre naturel.

 

Si vous voulez plus d'information sur la Mooncup, jetez un coup d'oeil à leur site: http://www.mooncup.co.uk/languages/fr/page-daccueil.html

Pour plus de témoignages, vous pouvez parcourir ce lien: http://www.mooncup.co.uk/languages/fr/temoignages.html

Si vous avez d'autres questions, n'hésitez-pas à contacter Marie-Julie chaput_marie_julie@hotmail.com

 

 

Le sang menstruel et la Mère Terre

Les femmes ont le plus souvent éprouvé de la répugnance pour leur sang menstruel, plutôt que de le considérer comme la source de leur puissance. Le sang comporte le code génétique, et puisque la Déesse Mère constitue la source de toute chose, le code provient d'elle. C'est là que se dissimule l'histoire.

Le sang menstruel peut servir à nourrir la vie végétale, à démarquer la Terre et à laisser savoir à la Terre que la Déesse vit de nouveau. En général, les femmes ne saignent plus dans la Terre. Un tel acte constitue un transfert direct de l'énergie de la Déesse. Lorsque les femmes dispersent leur sang sur la Terre, celle-ci s'en trouve nourrie.

Depuis des éons, on déclare aux femmes que leur sang est une malédiction, et elles sont devenues terrifiées de leur propre sang. Elles ne comprennent pas qu'il est leur source et leur puissance. En vous libérant d'anciens tabous et en travaillant avec le sang menstruel, vous constaterez que l'effet que vous exercez sur les animaux et les plantes de la Bibliothèque vivante se modifiera.

Femmes, si vous avez toujours vos règles, ayez la sagesse de rendre hommage à votre corps et à votre sang. Celui-ci est l'une des sources de fertilisation et de démarcation territoriale les plus efficaces auxquelles vous puissiez faire appel. Comprendre les mystères du sang constitue la clé permettant de vous relier à la source de votre puissance et de votre connaissance intérieure profonde.

Vous pouvez marquer la terre où vous vivez avec votre sang menstruel. Vous pouvez commencer avec les points cardinaux: le nord, le sud, l'est et l'ouest. Au fil du temps, vous pouvez continuer à laisser une marque sur la Terre, comme un peintre ébauchant des traits sur sa toile. Vous pouvez diluer votre sang avec de l'eau pour en augmenter la quantité. Vous pouvez le bénir et employer des cristaux pour maintenir sa vibration. Ce processus est considéré comme la démarcation du territoire de la Déesse. Il attirera des plantes et des animaux doués de vitalité nouvelle et qui se sentent uns avec la Déesse.

Si vous souhaitez que votre jardin soit fertile, le meilleur jardin en ville, utilisez votre sang dilué dans de l'eau. Votre jardin prospérera. Vous constaterez qu'il peut accélérer la croissance des aliments. Il peut accélérer un grand nombre de choses. Ce n'est pas par erreur que les femmes saignent. C'est là l'un des dons les plus grandioses. C'est l'élixir des dieux.

Les pensées contrôlent les fonctions du corps

De croire que le sexe ne sert qu'à la procréation constitue une grande distorsion de votre identité. L'enseignement a été travesti. Personne n'est jamais forcé d'avoir un bébé si elle ou il ne le désire pas. Commencez à penser et à ressentir en terme de l'influence à exercer sur toutes vos fonctions corporelles, y compris la conception. Vous pouvez dire: Je sais que mes pensées et sentiments contrôlent les fonctions de mon corps. Je l'influence, et lorsque je serai prête à avoir un bébé, je transmettrai une énergie à cette fin. Autrement, je ne suis pas disponible. C'est là un concept qui, lorsqu'on le considère s'avère très libérateur.

Source http://www.spirit-science.fr/doc_humain/sexualitealchimique.html

 

voici en plus, le témoignage qu'Eva a écrit pour un numéro de Silence de 2011 qui portait sur les moyens de contraception au naturel:


"J’ai lu avec attention votre dernier dossier sur la contraception et je vous remercie pour ces réflexions et enquêtes sur ce sujet. Je voudrais témoigner ici de mon expérience à la contraception au naturel. J’ai découvert cette méthode qui combine l’observation des températures et des glaires il y a un an et demi. Plus que simplement me débarrasser d’une hormone prise quotidiennement et néfaste pour l’environnement, j’ai redécouvert le cycle de mon corps. Cela m’a pris un an pour bien percevoir comment mes hormones étaient réglées, période pendant laquelle je prenais grand soin d’observer ma température tous les matins ainsi que ces glaires qui sont en quelques sortes les « aidant » des spermatozoïdes pour la fécondation et apparaissent essentiellement près de la phase critique d’ovulation. Depuis, je suis plus à mon aise et cela ne me demande que très temps pour l’appliquer pour un résultat aussi bon que la pilule contraceptive, en combinaison avec l’usage du préservatif. Pour se renseigner, poser des questions ou trouver une accompagnante durant la période d’apprentissage de la méthode : surfez sur le site du Planning familial au naturel (site belge) http://www.pfn.be/sensiplan/index.php "

Ce film est donc un excellent  documentaire, pour nous aider à comprendre les règles, mais aussi la perception qu’on en a et l’intérêt qu’elles pourraient avoir (ou pas). Quelques autres informations intéressantes à retenir :

  • Les règles qu’on a sous pilule (ou toute autre contraception hormonale comme patch, implant, anneau, ou encore un certain nombre de stérilets*, comme le Mirena) ne sont pas des vraies règles. Pour en savoir plus je vous recommande ce très bon article de Martin Winckler.
  • Un certain nombre de solutions (autres que « prendre des antalgiques ») sont proposées au problème des règles douloureuses : faire de la danse orientale, avoir un orgasme (avec ou sans assistance…), pratiquer le tai chi, mais aussi faire la part de son histoire familiale et de son propre stress, s’impliquer dans un groupe de femmes, etc
  • Quant au fameux syndrome prémenstruel, une des intervenantes suggère de le voir comme une occasion de se recentrer et de prendre du temps pour soi, comme un mécanisme d’auto-protection.
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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 13:51

Le défi de ce mois est lié à notre alimentation : changer nos habitudes afin de manger de manière respectueuse de l’environnement.

Je souhaite vous faire part de mon expérience de jeune "amapienne". C’est grâce à l’Amap des Oliviers de Villeneuve-Tolosane que je mange des fruits et bientôt des légumes bios produits localement par des paysans que j’ai le privilège d’apprendre à connaître progressivement. Je dis privilège, car leur connaissance, leur engagement, et l’horizon que dessinent ces gens est remarquable.

C’est véritablement passionnant. Et m’a convaincu de l’absolu nécessité d’aider le monde paysan qui veut se tourner vers l’agroécologie (qui va plus loin que le bio), que ce soit en France ou dans le monde.

Voici quelques-unes de mes réflexions.

Le paysan réapprend à connaître intimement sa terre, à la protéger, à l’aimer et y sensibilise les Amapiens.

Jonathan, notre maraîcher, schématise ainsi : l’agriculture conventionnelle nourrit la plante, quitte à appauvrir le sol, tandis que l’agroécologie s’attache à nourrir le sol qui nourrit la plante. Il apporte donc un soin tout particulier à son sol. Par exemple, il minimise les labours mécaniques et expérimente la permaculture.

Jean, notre arboriculteur, a quelques hectares de céréales, et il pratique l’alternance (rotation blé-colza-tournesol). Des choses que nous avons apprises à l’école, qui semblent être du Ba-ba mais que l’industrie agroalimentaire a totalement oublié (immenses superficies sans arbres donc sans stabilisation du sol ni retenue de l’eau, monoculture, etc.).

A l’Amap, plusieurs visites sont organisées chez nos paysans, avec à chaque fois une participation au travail de l’exploitation. A lire par exemple mon compte-rendu de la journée chez Jean, avec fabrication du jus de pommes et visite de l’exploitation.

Le travail du paysan fait appel à des connaissances pointues, dans le cadre de collaborations avec de multiples partenaires

Jean travaillait en conventionnel et aujourd’hui est labellisé « bio ». Pour ses pêches, pour ne citer que cet exemple, les variétés disponibles ont besoin de la chimie de synthèse. Tout son travail est de sélectionner, à l’aide des pépiniéristes et des ingénieurs agronomes les bonnes espèces (les anciennes en l’occurrence) et de déterminer comment les faire grandir, sans la chimie de synthèse. Il se réjouit que les meilleurs ingénieurs agronomes se tournent vers le « bio ». Le fait d’être labellisé « bio » lui permet cette collaboration fructueuse. L’Amap entre en jeu dans cette collaboration dans la mesure où les Amapiens en s’engageant à l’année, accepte de soutenir Jean, même si sa récolte finalement n’est pas très bonne tout de suite.

Le paysan est en perpétuelle réflexion pour diminuer son impact écologique, et l’Amap l’encourage dans cette voie.

Comme l’a souligné le Terra eco n°42, le label « bio » en l’état a ses limites. Jonathan confirme le fait qu’il ne prend pas en compte globalement l’attitude de l’exploitant. Il est d’ailleurs labellisé « bio » mais aussi Nature et Progrès. Par exemple :

- le label « bio » autorise de fertiliser le sol avec des farines animales, ou du guano importé d’Amérique du sud. Il s’y refuse.

- il refuse de bâcher sous plastique ses cultures (sauf les fraises) pour ne pas alourdir son bilan carbone.

- Jean fait tout pour préserver les ressources en eau et irrigue au goutte-à-goutte

- à l’Amap, l’éleveur de volailles a modifié l’alimentation de ses bêtes. Dans les céréales (cultivées sur place), il a remplacé la part de maïs par du sorgho, beaucoup moins gourmand en eau.

- Un paysan qui livre en Amap est particulièrement soucieux de travailler ainsi, de manière globalement responsable, ce que la charte de l’Amap exige, tout simplement.

Des contraintes pour le paysan et pour les « mangeurs », un acte citoyen

Car oui, pour un paysan, livrer des paniers est difficile, il faut la variété, une certaine constance dans le poids, remplir un cahier des charges exigeants...,etc. Et oui pour le « mangeur » (l’Amapien), il y a des contraintes aussi, aller chercher toutes les semaines ou une semaine sur deux son panier, être un minimum actif au sein de l’association... Jonathan parle donc d’acte fort, voir d’acte citoyen.

Ma conclusion est que ces contraintes sont peu de chose par rapport à tout ce que j’apprends et tout le plaisir que j’éprouve à côtoyer les paysans et les autres Amapiens, ainsi que ce sentiment de faire partie d’une aventure humaine. Le plaisir je vous dis, c’est ça qui nous sauvera (cf à ce sujet mon article Sauver la planète, ça prend du temps !! (billet d’humeur)

- Ma mission pour aller plus loin Nous venons de souscrire un contrat à l’Amap Légumes, Fromages et l’Amap Miel. Notre point faible restant pour la viande et le poisson, nous devons étudier plus avant les possibilités.


A voir ou à lire : le récent « Les Moissons du futur » de Marie-Monique Robin.

extrait de Terra Economica

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 20:23
Selon une étude publiée dans le journal Frontiers in Ecology and the Environment, et reprise par l'ONU, les chauves-souris peuvent être plus efficaces et moins coûteuses que les pesticides traditionnels.

L'étude révèle ainsi que les chauves-souris brésiliennes (Tadaridabrasiliensis) pourraient être utilisées aux Etats-Unis comme alternative aux pesticides sur les champs de coton. Une solution dont la valeur économique est même estimée à 740.000 US dollars, l'étude prenant en compte la valeur des cultures de coton qui auraient été perdues en l'absence de chauves-souris, et des économies réalisées grâce à l'utilisation réduite des pesticides.

'Les chauves-souris jouent un rôle essentiel en tant qu'agent de contrôle naturel des ravageurs en générant des avantages économiques, sociaux et environnementaux dans l'Economie Verte,' a ainsi déclaré Elizabeth Maruma Mrema, la secrétaire exécutive par interim de la Convention du PNUE sur la conservation des espèces migratoires appartenant à la faune sauvage (CMS).

Comment les chauve-souris peuvent-elles remplacer les pesticides?

Durant les mois d'été, la chauve-souris brésilienne migre de son habitat du centre du Mexique jusqu'aux aires de reproduction dans le nord du pays et les zones du sud-ouest des Etats-Unis, où elle se nourrit de papillons et d'autres ravageurs agricoles très destructeurs tels que le ver de l'épi de maïs, le ver de la capsule de coton, le ver d'automne et le ver des bourgeons de tabac.

Les chauves-souris brésiliennes peuvent former d'énormes colonies de reproduction estivale, qui peuvent atteindre 10 millions. La population totale des colonies de la région peut même dépasser les 100 millions de chauves-souris chaque saison.

Comme prédateurs, les chauves-souris sont  très efficaces pour éliminer les parasites sur une large zone. On peut notamment constater une augmentation de l'activité nocturne de chauve-souris lorsque les papillons commencent à émerger vers les champs de coton.

Une seule chauve-souris brésilienne femelle consomme huit grammes d'insectes adultes chaque nuit, ce qui représente à peu près deux tiers de son poids. Jusqu'à 20 papillons de nuit adultes sont ainsi mangés par une seule chauve-souris chaque nuit.

Une seule chauve-souris qui consomme 1,5 femelle adulte par nuit empêche alors cinq larves d'endommager les plantes cultivées. D'un autre côté, une larve détruit jusqu'à trois capsules (la capsule de protection dans laquelle le coton pousse) au cours de sa vie. Durant la haute saison en juin, lorsque les plants de coton sont très sensibles aux agressions externes, une seule chauve-souris pourrait donc empêcher un dommage pouvant aller jusqu'à 10 capsules par nuit (pour produire un kilo de graine de coton, 120 capsules sont nécessaires).

Dans la zone étudiée, la région Winter Garden du sud du Texas, les agriculteurs appliquent des pesticides tout au long du mois de juillet, au moment où la densité maximale des larves est atteinte. Bien que les pesticides détruisent près de 100% des oeufs et presque 90% des larves, les ravageurs deviennent de plus en plus résistants aux pesticides chimiques après seulement quelques jours, si bien que près de 80% des oeufs finissent finalement par survivre. En revanche, selon l'étude, une population d'1 million de chauves-souris empêcherait 5 millions de larves d'éclore par nuit.

Le coût d'une seule application de pesticide sur une superficie de 4.000 hectares peut atteindre 100.000 US dollars. L'utilisation des chauves-souris pourrait donc ainsi permettre une énorme économie !

De plus, parallèlement aux coûts financiers, il existe des risques environnementaux à l'application de pesticides. Les pesticides peuvent notamment contaminer les eaux souterraines et causer la perte d'ennemis naturels des chenilles de capsules, tels que fourmis, coccinelles et parasites, ainsi que des services de pollinisation par les oiseaux et les chauves-souris. Ces pertes potentielles augmentent encore l'importance des chauves-souris comme moyen de contrôle des insectes nuisibles.

Rodrigo Medellin, co-auteur de l'étude et ambassadeur de l'année de la chauve-souris (2011-2012) a ainsi déclaré : "Nous devons nous efforcer à conserver les habitats des chauves-souris à travers le monde pour le seul bien des avantages économiques. En plus de leur rôle en tant que contrôle de ravageurs, les chauves-souris offrent des services clés tels que la dispersion des graines et la pollinisation des plantes économiquement et écologiquement importantes."

Voici donc une étude qui prouve qu'il prouve que la préservation de certaines espèces pourrait permettre de protéger la planète et même de faire d'importantes économies. Et qui prouve également  qu'il est possible, et nécessaire, de se passer des pesticides... A bon entendeur !

Mathilde Emery

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